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Sous les châteaux,

le sol

Date de publication :

par | 24 septembre 2026

Le 8 octobre à Orléans, une soirée sur le climat et le patrimoine ligérien. Et une question qui ne concerne pas que les châteaux.

Pour parler des châteaux de la Loire, ils ont invité un homme qui maîtrise la mécanique des sols. 

Lamine Ighil Ameur est chercheur au Cerema. Sa spécialité, ce n’est ni le tuffeau, ni l’ardoise, ni la charpente. C’est ce qu’il y a dessous, la partie qu’aucun visiteur ne photographie, qui ne figure sur aucune carte postale, et qui porte tout le reste. 

Le 8 octobre, il ouvrira l’éclairage scientifique d’une soirée consacrée à l’impact du changement climatique sur les châteaux de la Loire, au LAB’O à Orléans. J’ai trouvé ce choix juste avant même de savoir ce qu’il allait dire. 

Nous avons pris l’habitude de juger ce qui se voit. Une façade, un chiffre d’affaires, une notoriété, un discours bien tourné en fin d’assemblée générale. Ce qui tient les choses debout est presque toujours invisible. Et c’est presque toujours là que ça cède en premier.

Ce que le mot patrimoine recouvre 

Un château n’est pas un décor. C’est une organisation. Chambord, Cheverny et les grands domaines ligériens emploient, investissent, empruntent, arbitrent et se projettent. Avec une particularité que peu de dirigeants connaissent : leur outil de travail ne peut ni déménager, ni être remplacé, ni être amorti. 

Un industriel dont l’usine devient inadaptée peut en construire une autre ailleurs. Un commerçant peut changer de local. Celui qui dirige un domaine, lui, n’a pas cette option. Il fait avec ce qu’on lui a confié, exactement là où on le lui a confié. 

Le climat ne leur pose donc pas un problème d’image. Il leur pose un problème de décision. Quand les étés assèchent, quand les sols travaillent, quand les arbres d’un parc ne repoussent plus comme avant, il faut trancher. Conserver ou adapter. Réparer maintenant ou attendre. Renoncer à quelque chose pour sauver autre chose. 

Ce sont des décisions d’entrepreneur. Prises sur un horizon que très peu d’entre nous manipulent : celui du siècle.

Trois regards, une même table 

La soirée est organisée par EDF et Thélem assurances, dans la continuité d’une première table ronde tenue en 2025. Elle sera ouverte par Nicolas Marchand, Directeur Action Régionale EDF Centre-Val de Loire, et Pascal Féliot, Directeur général de Thélem assurances. 

Après l’état des lieux scientifique, deux voix de terrain : Cécilie de Saint-Venant, directrice générale déléguée au développement du Domaine national de Chambord, et Charles-Antoine de Vibraye, propriétaire du château de Cheverny. Deux modèles très différents, une même contrainte. 

Ce que j’irai chercher ce soir-là n’est pas l’inquiétude. C’est la décision. Pas ce qu’ils redoutent, mais ce qu’ils ont déjà changé, réparé, abandonné ou financé autrement. Le reste appartient aux colloques.

« Nous n’en sommes jamais propriétaires, nous en sommes les gardiens temporaires. Et le seul indicateur qui compte à la fin, c’est l’état dans lequel nous rendrons ce qui nous a été prêté. »

Pourquoi je vous en parle 

Je pourrais m’arrêter là et vous laisser avec une invitation. Si je prends le temps de l’écrire, c’est que la question dépasse largement la pierre. 

Nous sommes nombreux, dans nos entreprises, nos clubs, nos associations, à gérer des choses que nous n’avons pas créées et que nous ne garderons pas. Un club que l’on préside une année. Une entreprise familiale reçue d’un père ou d’une mère. Une association qui a trente ans et six présidents avant nous. Une réputation locale construite patiemment par d’autres. 

Nous n’en sommes jamais propriétaires, nous en sommes les gardiens temporaires. Et le seul indicateur qui compte à la fin, c’est l’état dans lequel nous rendrons ce qui nous a été prêté. 

Ceux qui gardent Chambord et Cheverny vivent cette contrainte à l’échelle des siècles. C’est pour cela qu’ils ont quelque chose à nous apprendre. Pas seulement sur le climat mais sur la façon de décider quand on sait que l’on n’est pas le dernier maillon de la chaîne.

Ce que j’aimerais y voir 

Une soirée comme celle-ci a deux issues possibles. Elle peut rester entre organisateurs, chacun repartant content d’avoir été là. Ou elle peut faire se rencontrer des gens qui, sur ce territoire, travaillent sur le même problème sans jamais s’être parlé : ceux qui gèrent des sites, ceux qui assurent, ceux qui produisent, ceux qui mesurent et ceux qui financent. 

Le Val de Loire est inscrit au patrimoine mondial. C’est une fierté que nous portons sans effort, parce qu’elle nous a été donnée. La question posée le 8 octobre est moins confortable : qu’est-ce que nous faisons, nous, pour qu’elle tienne encore un siècle ? 

Je serai dans la salle. Si vous aussi, faites-moi signe, nous en parlerons mieux debout, un verre à la main, qu’en commentaire sous un article.

Le 8 octobre, un chercheur nous parlera de ce qu’il y a sous les fondations. Nous repartirons peut-être avec une question plus simple, et moins agréable : qu’est-ce que je remets à demain, alors que je sais déjà qu’il faudrait le décider aujourd’hui ?

Par Frédéric Poincloux

INSCRIPTION : Lien « Table ronde »

Les entreprises organisatrices :

EDF :

Acteur majeur de la transition énergétique, le groupe EDF est un énergéticien intégré, présent sur l’ensemble des métiers : la production, la distribution, le négoce, la vente d’énergie et les services énergétiques.

La raison d’être d’EDF est de construire un avenir énergétique neutre en CO2 conciliant préservation de la planète, bien-être et développement, grâce à l’électricité et à des solutions et services innovants. Le Groupe fournit de l’énergie et des services à environ 41 millions de clients (1) et a réalisé un chiffre d’affaires de 113,3 milliards d’euros en 2025.

Thélem assurances :

Assureur mutualiste indépendant, qui conçoit, commercialise et gère des solutions d’assurance pour les particuliers, les professionnels et leurs familles. Implantée à Chécy, dans le Loiret, où se situe son siège social, l’entreprise compte aujourd’hui 555 collaborateurs salariés. 

Fidèle à ses valeurs mutualistes et forte de plus de 200 ans d’histoire, Thélem assurances poursuit sa transformation pour accompagner durablement ses assurés et répondre à l’évolution de leurs besoins. La qualité de la relation client est un pilier du développement de l’entreprise, comme en témoignent un taux de satisfaction de 96 % et un NPS de +36 (baromètre clients 2025).

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