FAMILLE BOULLIER
Oh la vache !
Date de publication :

À Vitry-aux-Loges, la famille Boullier, agriculteurs et créateurs d’une unité de méthanisation, s’est lancée dans la fabrication de gaz vert, à base de fumier de vache. Explications.
« la production alimente les besoins de chateauneuf-sur-loire. »
La nuit tombe sur la ferme. Les blondes d’Aquitaine et les blanches charolaises mâchouillent avec bonheur leur nourriture, confortablement installées dans leurs stabulations paillées.
Un peu plus loin, deux immenses dômes, autrement appelés digesteurs, s’élèvent à côté d’un grand chapiteau, d’un immense hangar, d’une gigantesque balance et de toute une machinerie complexe reliée par différents tuyaux.
Pas de doute, nous sommes bien face à une véritable usine à gaz.
Chaque jour, 60 tonnes de matières principalement végétales sont déversées dans ces digesteurs chauffés à 41°C, pour que les bactéries coupent la chaîne carbonée et libèrent le méthane. « Ce méthaniseur est extrêmement vertueux, précise l’exploitant, Stéphane Boullier. Nous n’utilisons que des déchets d’effluents d’élevage ou d’industries agroalimentaires. »
« Pas de doute, nous sommes bien face à une véritable usine à gaz »
USINE À GAZ
Au premier rang, 8 000 tonnes de fumier de vaches élevées sur place. Ensuite, du lisier de porc d’un élevage voisin, puis des graisses de flottation de la Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel, qui achète le lait provenant des vaches de race Holstein de la ferme… Boullier !
Pour compléter : épluchures de betteraves rouges et de pommes de terre cultivées sur place ou chez Terr’Loire à Chécy, eaux de nettoyage des graisses de porc ainsi que le contenu de leurs intestins venu de l’abattoir de Fleury-les-Aubrais.
À chaque ingrédient, son bac de stockage après la pesée, avant qu’un automate n’alimente les digesteurs.
Un drôle de mélange de matières liquides et solides qui se transforme en mélasse brunâtre sous l’action de bactéries et clapote sur les mélangeurs des dômes. Le mélange aqueux ainsi obtenu dégage ensuite du biogaz qui, après tout un circuit de traitement, va permettre d’injecter du méthane pur dans le circuit GRDF.
La famille Boullier n’en est pas à son coup d’essai en matière d’énergie écologique. Il y a 13 ans, elle avait déjà installé 750m² de panneaux solaires sur ses toitures. L’une des principales motivations pour ce nouveau projet d’envergure est que la méthanisation permet aux éleveurs de valoriser le fumier de tous leurs bovins adultes et de leurs progénitures – nourris par les herbages de la ferme – en produisant de l’énergie renouvelable.
Une économie circulaire qui ne s’arrête pas là, car le résidu du processus, le digestat, conserve après sa transformation toutes ses valeurs agronomiques et est ensuite épandu dans les champs de cultures pour les fertiliser.
C’est une ferme principalement axée sur sur l’herbage pour apporter une qualité de viande et de lait premium. Nathalie et Stéphane Boullier se sont installés sur le site en 1991, ont été rejoints en 2004 par le frère, Florent Boullier. Progressivement, ils ont agrandi l’exploitation.
C’est une ferme principalement axée sur sur l’herbage pour apporter une qualité de viande et de lait premium.
Nathalie et Stéphane Boullier se sont installés sur le site en 1991, ont été rejoints en 2004 par le frère, Florent Boullier. Progressivement, ils ont agrandi l’exploitation.
LE BRUIT SANS L’ODEUR
Surprise, aucune odeur ne s’échappe des installations qui représentent un investissement de 5,7 M€ et permettent d’alimenter en énergie gaz tous les besoins d’une ville comme Chateauneuf-sur-Loire et ses 8 500 habitants, au point de couvrir aussi une partie de la consommation de Saint-Denis-de-l’Hôtel.
En réalité, les seuls effluves qui se promènent sont ceux que dégagent les matières avant d’être enfermées dans les digesteurs.
Et les voisins dans tout ça ?
À part quelques grincheux, ça gaze. Le plus proche, fervent défenseur du projet, a même trouvé l’idée intelligente et les deux hommes, qui se connaissent peu, sont devenus amis…
Par Laurence Boléat

le gaec boullier, c’est :
• 400 vaches et taureaux, ainsi que les veaux, génisses et taurillons
qui naissent sur l’exploitation
• 280 hectares d’ensilage d’herbe et de foin pour la nourriture
des bêtes en hiver
• 150 hectares de céréales à paille, dont 30 hectares d’orge pour nourrir
les vaches laitières et les taurillons à l’engraissement
• 120 hectares de prairies pour les pâtures des génisses,
des vaches allaitantes et de leurs veaux durant l’été
• 80 hectares de maïs, dont 60 pour nourrir les animaux
• 20 hectares d’oignons, dont la moitié de consommation et
l’autre pour les semenciers
• 15 hectares de betteraves rouges





