LE GOLF
À changé sa vie
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Après une lourde hospitalisation, Marc Brossard, alors cadre dans l’assurance, est devenu créateur de club de golf. Son « switch swing » l’a mené jusqu’à La Ferté Saint-Aubin et aujourd’hui en Sologne, où il se lance dans un projet entrepreneurial de grande envergure. Marc Brossard
« Le golf reconnecte l’Homme au vivant »
Quand ?
Nous sommes en 2009 et je travaille chez Axa, au siège du groupe, dans la région parisienne. Je m’occupe de la financiarisation des flux. Après des études d’ingénieur en mathématiques appliquées, j’intègre ce milieu que pour sa dimension éthique, économique et sociale. À 34 ans, on me propose un poste à la direction du marketing. J’accepte, mais je déchante rapidement : je tombe sur des types issus du monde de la grande consommation, qui n’y connaissent rien à l’assurance, et dont les dents rayent le parquet.
Mon corps commence à somatiser; je souffre en fait d’une perforation des intestins. Après deux mois, je me fais finalement hospitaliser pendant dix jours. Je mets quatre mois à retrouver une vie normale et durant ce laps de temps, je me dis : « dès que je remarche, je fais autre chose. » Quoi ? À ce moment-là, je n’en sais rien.
Révélation
Cependant, je me remets à jouer au golf, un sport qui avait toujours été un kif absolu, mais que je ne prenais plus le temps de pratiquer. Un soir, le patron du bistrot qui se trouvait en bas de chez moi me convie à une soirée. À 3h du matin, il me dit : « demain matin, viens faire un practice ».
Le lendemain, je me retrouve à 8h, encore un peu bourré, sur les greens de l’Ile Fleurie. Et là, je vois un mec qui s’appelle Jean-Michel Queva et qui fait des clubs de golf surmesure. Je passe la journée avec lui, c’est une révélation. Je me projette et je me dis : « ça, c’est ce que je veux faire ».
Pourquoi ?
Jean-Michel Queva accepte de me former avec deux autres gars, mais il me dit : « il faut que tu t’installes en région Centre ». La première maison qu’on voit avec ma femme sur Internet, c’est à La Ferté Saint-Aubin et, juste à travers les photos, je me dis que ce sera la nôtre, je sens plein d’énergies positives. En plus, je vois que je vais pouvoir y installer mon activité professionnelle.
Entretemps, je fais une formation en biomécanique où je rencontre Ralph Hippolyte, un garçon qui deviendra très important dans mon parcours. Entre mon dernier jour chez Axa et celui où je lance officiellement MB Clubs, en septembre 2011, il se passe un week-end. Un week-end où finalement, je change de vie. J’ai toujours voulu devenir chef d’entreprise, ça répondait à une envie profonde et viscérale ; d’ailleurs, j’ai pris énormément de plaisir à monter ma boîte.
Les doutes
Je deviens alors artisan, et ça me fait le plus grand bien, parce que, pour tout dire, j’en avais marre de faire des Power Point. J’apporte enfin aux gens quelque chose de concret, de tangible. Cela étant, le début est un peu compliqué, je n’avais pas bien anticipé la dimension de la communication. Donc, au départ, je n’ai pas de clients, je traverse des grands moments de doute, je me demande dans quoi j’ai embarqué ma famille. Là, le soutien de ma femme est essentiel. Et finalement, mes premiers clients arrivent, le bouche-à-oreille commence à fonctionner ; il me faut trois-quatre ans pour sortir des chiffres viables.
Comment ?
Mon boulot et mon activité évoluent aux alentours de 2015-2016. Le moment où, pour parler vulgairement, je m’aperçois que je fais de la merde en termes de biomécanique. Je traverse alors un gros moment de remise en question. Et là, je me dis qu’il faut que je propose non pas des clubs sur-mesure, mais plutôt des clubs conçus pour exploiter le maximum du corps d’un joueur. Il y a cette réflexion alimentée par des apprentissages que je reçois moi-même à cette époque et que je dispense alors, en lien avec Ralph Hyppolite, à des moniteurs de golf de haut niveau.
Il y a la mise au point d’un système de capteurs, dont découle le projet qui se concrétise aujourd’hui, en ce printemps 2025, où j’ouvre à Selles Saint-Denis un centre spécialisé, accessible aussi bien aux golfeurs chevronnés qu’à un plus large public ; un site d’entraînement, de recherche, de formation, et de « fitting », qui va permettre aux pratiquants d’apprendre énormément de choses sur leur jeu, mais aussi sur leur corps. Parce que je suis intimement convaincu que le golf n’est pas qu’un sport, c’est une activité qui permet de reconnecter les Hommes au vivant.
Conceptuel
Pour le moment, je pars tout seul dans ce projet, mais je pense que des partenaires me suivront. C’est un risque, oui, mais un risque relativement mesuré : si tout ne tourne pas dans le bon sens, je ne serais pas à la rue. Mais c’est excitant ; ce projet valide d’une certaine manière la recherche conceptuelle que j’ai découverte sur le tas : l’individu au centre, et la connexion entre l’individu et son environnement.
Par Benjamin Vasset
AU COEUR DU JEU
Entre Sologne et Vallée du Cher, à Selles-Saint-Denis, Marc Brossard inaugure donc en ce printemps 2025 un outil quasi-révolutionnaire en lien avec le golf ; un centre sur le jeu, sur la posture et sur la biomécanique où, finalement « le golf n’est presque qu’un prétexte » pour approfondir la démarche de la relation entre l’homme, son corps et son environnement. Sur 5 ha de terrain et 1 400 m2 de bâtiment, ce site aura une vocation éducative et d’apprentissage.
MARC BROSSARD – 50 ANS
DANS SON ANCIENNE VIE : Analyste financier
SON ACTIVITÉ : Le golf et la mécanique corporelle
DANS SA ZONE : L’énergie cinétique, « l’énergie que possède un corps du fait de son mouvement »
SA PLANQUE : MB Clubs, Selles-Saint-Denis (41)
SIGNE DISTINCTIF : Parle courament Anglais et Italien
SON CARACTÈRE : Persévérant, observateur, contemplatif

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Marc Brossard

Marc Brossard
774 Rue des Canaux
41 300 Selles-Saint-Denis





