À 30 ans, j’ai racheté une entreprise
Lisa Menière
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La Chine, le Canada, les États-Unis… Lisa Ménière a pas mal bourlingué. Après avoir fait ses armes dans le digital, cette jeune femme de 32 ans a racheté en 2024 à Dordives L’Atelier du Bourrelier, une entreprise spécialisé dans la confection de produits en cuir.
« 4 jours après être rentrée des États-Unis, j’acquérai L’Atelier »
Des épreuves qui n’ont jamais découragé Christian Siest, un cavalier adepte du saut d’obstacles qui dirige le site depuis le début des années 2000. Il y fut d’abord responsable de production, un poste qui lui fut proposé par son employeur, le groupe américain Rohm and Haas, lorsque celui-racheta le site de Semoy en l’an 2000. Devenu ensuite directeur, Christian Siest œuvra, les premières années, à l’amélioration de l’organisation et insuffla toutes les notions de sécurité chères aux Américains, précurseurs dans ce domaine. Le site, siège européen, tournait alors à plein régime avec ses 150 salariés, en fabriquant des additifs pour l’imprimerie et des adhésifs pour l’industrie.
quand ?
« J’ai un parcours professionnel un peu étrange. J’ai d’abord étudié à l’ESC Montpellier, et après mon diplôme, en 2017, j’ai travaillé dans le digital et la cybersécurité. J’accompagnais les clients qui avaient des projets de transformation majeurs. Mes responsabilités étaient assez larges ; ça regroupait la vente, le marketing et l’événementiel. J’ai évolué ensuite vers du développement de produits. Puis le Covid est arrivé, et j’ai commencé à réfléchir au sens de mon travail, j’ étais un peu fatiguée de passer mes journées à faire des présentations PowerPoint, ça manquait de concret. Et moi, ce que j’aime, c’est être au contact de mes clients, avoir des produits que je peux toucher. »
en selle
« Il se trouve que je monte à cheval depuis toute petite, et en 2022, j’ai eu l’opportunité de partir aux États-Unis pour vendre des selles de cheval. J’aimais bien les produits que j’avais à vendre, et c’était la possibilité d’avoir un « travail passion ». Toutes les techniques de ventes que j’avais déjà acquises m’ont servi énormément. Ça a très bien fonctionné, j’ai beaucoup vendu, y compris à des cavaliers de très haut niveau. Ça m’a donné pas mal d’assurance et des connaissances. »
pourquoi ?
« Le cuir, c’est une matière noble qui m’a toujours passionnée, mais je ne faisais que vendre des selles. Assez rapidement, je me suis dit que j’avais envie d’avoir un impact plus grand sur où et comment les produits étaient fabriqués. J’ai eu une discussion avec un ami de mes parents qui est entrepreneur, et qui m’a dit que j’avais un super profil pour reprendre une entreprise. Je me suis alors lancée à la recherche d’une petite pépite…»
unique
« J’ai fini par découvrir L’Atelier du Bourrelier. Il faut savoir que c’était la dernière TPE / PME en France qui possédait toutes les compétences liées au travail du cuir. J’ai eu un énorme coup de cœur pour cette maison, parce qu’elle avait desclients prestigieux qui évoquaient son savoir-faire incroyable issu de la Garde Républicaine, et elle avait la volonté de préserver le patrimoine. Ce qui m’a plu aussi, c’est que personne d’autre ne pouvait faire ce qui était fait ici : les employés ont une formation extrêmement précise, ils ont la capacité de prendre en main n’importe quel projet et de le travailler sous tous ses angles, ça n’a pas de prix. Pour la petite histoire, je suis rentrée des États Unis en juillet 2024 et quatre jours plus tard, je rachetai L’Atelier. »

comment ?
« À L’Atelier, cinq salariés travaillent sur trois pôles principaux : l’équitation, l’automobile et l’ameublement. Les employés créent les pièces et les produits, et je m’occupe de l’administratif et du commercial. La sélection des matières premières prend beaucoup de temps, parce que le cuir, ça se choisit peau par peau. Je vais en personne chez les fournisseurs, armée des demandes de mes employés. On participe tous à la chaîne de valeurs. »
made in france
Ce qui m’intéresse, c’est d’ajuster notre modèle économique pour se développer dans la durée, tout en nous modernisant. L’entreprise a un objectif clair : faire du « made in France » responsable, engagé, pérenne et accessible. Responsable, en ne jetant rien, en réutilisant, en étant écologiques. Engagé, en maintenant et en transmettant le savoir-faire de l’artisanat d’excellence. Pérenne, en étant au service aussi bien des entreprises et des particuliers que des institutionnels, et par notre capacité à intervenir sur tout le cycle de vie des produits. Et accessible, parce que nous sommes des passionnés. Notre plus grand plaisir, c’est de voir la réaction de nos clients quand on leur met une pièce d’exception dans les mains. »
Lisa menière
Âge : 32 ans
son activité : Dirigeante de L’Atelier du Bourrelier
Dans son ancienne vie : Directrice des ventes
Ses refuges : Les centres équestres, les librairies spécialisées
Signe distinctif : A vécu dans trois continents différens : l’Europe, l’Asie et l’Amérique
Son caractère : Tenace, curieuse, engagée





