Pourquoi devenir Mécène
au Musée des Beaux Arts d’Orléans
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Plus connu à l’international que sur son propre territoire, le Musée des Beaux-Arts d’Orléans possède pourtant l’une des plus grandes collections françaises, constituée d’une façon absolument atypique. Son fondateur eut d’ailleurs l’idée de génie de faire appel à la population du Loiret pour la constituer.
À l’inverse des musées créés par le décret Chaptal, alors ministre de l’Intérieur qui, en 1801, envoya dans quinze villes de France des collections du Louvre constituées à partir des biens confisqués à la couronne et à l’Église, le musée d’Orléans s’ouvrit sous l’impulsion du comte de Bizemont (1752-1837), l’un des fondateurs de l’école de dessin d’Orléans. Après plusieurs séjours à l’étranger, le turbulent Gaspard de Bizemont-Prunelé convainquit en 1923 le maire de la commune de fonder un musée.
mécènat avant l’heure
Pour parvenir à ses fins, le comte passa dans le Journal du Loiret une petite annonce pour appeler les Orléanais à donner leurs collections, et s’engagea à publier chaque trimestre le nom des œuvres et des donateurs. À partir de là commença une aventure extraordinaire. Les dons furent si importants qu’il fallut publier trois articles par semaine pour faire état des flux. Le succès fut tel que tout le monde voulut « en être » et participer.
Étonnamment, les œuvres ne provinrent pas comme traditionnellement de l’aristocratie ou du clergé, mais de la bourgeoisie marchande, des entreprises, des métayers, et de petites gens qui ne possédaient pas grand chose mais se tenaient prêts à investir. Un nombre incroyable de Loirétains offrit quelque chose, ne fut-ce qu’un objet. Un système si ingénieux qu’il permit d’ouvrir le musée dès 1825. En six ans, 700 œuvres furent recueillies, et la source ne s’est, depuis, jamais tarie. Ce « mécénat participatif » avant l’heure illustre à merveille l’état d’esprit d’Orléans, ville commerciale et entrepreneuriale, et donne une identité très forte aux collections du Musée des Beaux-Arts. Aujourd’hui encore, le visiteur peut admirer une multitude de formats et de représentations, bien loin des standards habituels. Une richesse qui n’a pas échappé à la directrice, Olivia Voisin, qui s’attache à développer un cartel pour chaque œuvre, sur lequel est mentionnée la provenance.
entrer dans l’histoire
Pour célébrer son bicentenaire, le Musée des Beaux-Arts lance cette année son Cercle des Mécènes, afin de tisser des liens plus forts encore avec les entreprises. Ces dernières peuvent en effet agir sur trois leviers : l’acquisition, la restauration ou des projets ciblés, tels que des expositions.
L’intérêt est tout d’abord historique, mais plus encore philosophique. Quoi de plus exaltant que de s’acheter l’éternité en devenant mécène ? Son nom sera en effet à jamais inscrit dans l’histoire de l’œuvre, qui devient elle-même inaliénable, imprescriptible et fera à partie ad vitam de la collection du musée. Une noble cause qui présente aussi un intérêt fiscal, puisque 60 % de la valeur de l’œuvre ou de sa restauration vient en soustraction du montant de l’impôt dû l’année du don. De surcroît, l’entreprise bénéficie à hauteur de 25 % de cette valeur d’avantages en nature, tels que des invitations pour les vernissages, des visites privées, la découverte des coulisses, la privatisation des espaces… Un formidable levier pour promouvoir son image de marque !
Après un double expresso assurant la digestion d’un repas aussi traditionnel qu’exigeant, l’heure est au départ. Avant cela, Joseph l’assure, sourire aux lèvres : oui, depuis six ans, son activité « est stable », sa carte régulièrement revisitée, et des travaux sont même prévus prochainement. Bref, le patron a l’estomac solide. Le nôtre, en tout cas, est bien rempli.
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