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Croire en ses capacités, non en ses limites

Stéphane Goudou

Date de publication :

par | 5 octobre 2026

« Je ne me pose jamais la question des limites. »

Une phrase pouvant sembler utopiste et illusoire pour certains, mais qui est un véritable phare dans la vie de Stéphane Goudou.

Aussi loin qu’il s’en souvienne, il aime bouger, découvrir, tester. C’est un enfant et un adolescent plein de vie et d’entrain. Et ce n’est pas un accident de vie , comme il le décrit, à 19 ans, qui définira quel tournant celle-ci prendra. Un mental forgé depuis son plus jeune âge auprès de son entourage l’encourage à garder le cap et ses ambitions.

« Quinze jours après mon arrivée à l’hôpital, je savais déjà faire tous mes transferts seul. »

Sa philosophie tient en un changement de question : remplacer  Est-ce que je peux ?  par  Comment je peux ?  Un bon point de départ pour quiconque.

Stéphane Goudou – Directeur de l’Open Paratennis du Loiret

relever les défis

Cette quête de solution avant de définir si un défi est irréalisable ou non le poursuit dans son quotidien mais également dans ce qu’il entreprend au fil de sa vie. Diffuser à la télévision l’Open Paratennis du Loiret ? Défi accepté et relevé. Stéphane ne cache pas une certaine satisfaction et un sourire non dissimulé face à cette confidence : « ils m’ont tous pris pour un taré… j’ai trouvé la solution. »

Cette volonté l’a amené jusqu’au plus haut niveau professionnel de tennis en fauteuil roulant. Un chemin qu’il aurait pu ne pas suivre, mais vers lequel il s’est dirigé naturellement. Il n’était pas question d’arrêter le sport mais simplement de trouver ce qui existait près de chez lui. Alors il teste plusieurs disciplines et en 1999, c’est un flyer pour le tennis, dans la salle d’attente d’un kinésithérapeute, qui tranche pour lui.

Stéphane se laisse prendre au jeu de ce sport et, petit à petit, il monte en puissance : champion de France dès sa première année, puis en deuxième série l’année suivante. La troisième année, il intègre l’Équipe de France. Là, il se demande s’il ne se lancerait pas dans une carrière professionnelle.
La réponse est oui.

Malgré un rythme intense, un corps qui souffre, c’est le propre du sportif de haut niveau, et une carrière plus coûteuse que rentable, il s’y est investi et a relevé ce défi, aussi. Ses tournois l’emmènent à travers le monde, jusqu’à la 15e place mondiale. Il gagne en ouverture d’esprit, prend conscience de sa chance de vivre en France et de bénéficier d’autant d’accompagnements et de soutiens. Il le dit sans détour : « On ne se rend pas compte de la chance qu’on a d’être en France. Et il faut le dire. »

changer de voie, pas de cap

Une blessure sérieuse en 2004 lui fait perdre tous ses points au classement, un coup dur qui pèse encore quelques années plus tard quand un jeune concurrent le double au moment de la qualification. Rattrapé par ce rythme intense et un éloignement trop pesant avec sa famille, Stéphane prend alors le temps de la réflexion : en 2009, il stoppe sa carrière.

Il veut désormais quelque chose d’essentiel : respecter son corps et son rythme de vie. Plus de sur-sollicitations et de déplacements trop répétitifs. Il s’impose de véritables moments qui n’appartiennent qu’à lui, à ses enfants, à sa famille.

Il devient alors directeur sportif des équipes de France de tennis fauteuil, un poste qu’il occupe jusqu’en 2016, tout en rejoignant en parallèle le secteur privé pour accompagner les entreprises autour du handicap au travail. Quand cette structure ferme ses portes en 2017, il ne cherche pas un autre employeur : il crée la sienne, pour poursuivre les mêmes missions.

Rassurer, communiquer, former. Son ancrage dans le Loiret ne doit rien au hasard : tout, ou presque, était à construire sur le territoire, et c’est précisément ce vide qu’il a choisi de combler. Il accompagne les entreprises et leurs collaborateurs dans l’intégration de personnes en situation de handicap, sensibilise et démystifie ces réalités multiples. Un travail qui profite à toute l’équipe : quand chacun sait, on évite, selon lui, « plein de bobologies en entreprise ».

« Il n’y a pas de mauvaises questions, mais que des bonnes réponses. »

sensibiliser, sans filtre

Et au-delà des entreprises ou des collectivités, Stéphane Goudou agit auprès des jeunes. Là où les adultes sont souvent sur la réserve et n’osent pas, les enfants, eux, questionnent, interrogent. « Il n’y a pas de mauvaises questions, mais que des bonnes réponses », dit-il simplement. Encourager les enfants et jeunes adultes à s’accepter, expliquer aux parents que leurs enfants sont toujours capables de faire et d’agir, même sous une forme différente de ce qu’ils avaient imaginé.

Et pour appuyer ce discours et ces valeurs fortes, c’est par le biais de l’Open Paratennis du Loiret que Stéphane agit depuis 2001. Un tournoi qui réunit des joueurs professionnels, permettant de faire découvrir la discipline, le handisport, au plus grand nombre. Avec une idée en tête : que les enfants, les jeunes, en situation de handicap, aient des idoles à qui s’identifier. Car c’est ce qui importe le plus à Stéphane, dans ses mots. Comment peut-on normaliser une situation si celle-ci n’est jamais montrée ? Les jeunes ont besoin de savoir qu’ils ne sont pas coincés dans leur situation, que les seules limites à leurs actions sont celles qu’ils se fixent eux-mêmes.

Et lorsqu’on interroge Stéphane sur ce qui peut le contrarier, sa réponse est plutôt nette : « le pauvre ». Un mot dit, le plus souvent, non par manque de bienveillance mais par maladresse, et qui pourtant réduit, toujours, la personne en situation de handicap. C’est le regard porté par autrui qui est, pour lui, le plus handicapant. Il cite comme exemple Nick Taylor, joueur de paratennis américain, en fauteuil électrique, incapable de boire seul et pourtant médaillé d’or deux fois en double. La parfaite illustration de ce qu’il transmet dans tout ce qu’il fait : quelles limites sont posées, ou non, pour en arriver à se dire Et si je faisais ça ? Comment ? 

Regarder ce qui existe, faire avec ce qui est

Stéphane n’est pas du genre à se laisser freiner. Il n’a jamais ressenti d’insécurité à l’extérieur et le regard des autres ne l’atteint pas : ce qu’il vit comme de l’indifférence est pour lui une force. Il va même jusqu’à parler de « mauvaise chance » à propos de son accident : un paradoxe assumé, car c’est ce parcours qui l’a mené à tout ce qu’il a construit et entrepris jusqu’ici.

Face aux défis comme aux limites, il ne voit que des points communs entre les personnes, porteuses d’un handicap ou non : l’ouverture d’esprit, l’ambition, l’envie d’avancer. Pour lui, tout est une question d’état d’esprit, et les contraintes sont un moyen, pas une fin.

« Je n’ai jamais regardé en arrière, j’ai toujours regardé devant. »

Par Sarah D’Agostino

open paratennis du loiret

Du 13 au 17 octobre 2026

Complexe de la Forêt – Fleury les Aubrais
Entrée libre

https://openparatennisduloiret.fr/

Stéphane Goudou
Directeur du tournoi
Mail : directeurtournoi@openparatennisduloiret.fr 

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