Par la musique, mon jardin secret
est devenu lumière…
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Un soir ordinaire. Une émission à la télévision, son mari dans le canapé. Ana Madet, elle, glisse vers le piano, deux heures plus tard, Je te crois existe. La musique, Ana l’a abandonnée à 10 ans. Trop scolaire, trop contraignante, trop liée à une enfance qu’elle voulait fuir. Et c’est exactement là, dans cet abandon, que tout a commencé.
Deux moments d’une vie, qui nous offrent aujourd’hui le partage d’une lumière.

Ana Madet, autrice-compositrice-interprète indépendante – Blois, Centre-Val de Loire.
« C’était mon jardin secret. »
Ana a commencé le piano à quatre ans.
Pas vraiment par choix, c’est sa mère qui l’y installe. Son père, lui, chante. La maison est musicale, mais la musique est d’abord une contrainte de plus, scolaire et fastidieuse.
À dix ans, elle arrête les cours, le solfège et paradoxalement, c’est là qu’elle commence vraiment. Seule avec l’instrument, sans partition ni objectif, elle découvre ce que la musique peut être quand personne ne la regarde : un espace à elle.
Un endroit où poser les mots sur ses maux, ses blessures et ses silences. « C’était mon jardin secret. »
La bascule, elle ne vient pas d’un coup. En 2019, une blessure au genou l’oblige à ralentir, première pause, première vraie introspection. Puis le Covid impose sa parenthèse à tout le monde. Ana en profite autrement : elle réfléchit, elle se recentre.
En 2021, elle se marie. Elle attend un bébé. Mais c’est en janvier de cette même année, avant même de savoir qu’elle attendait un enfant, qu’elle prend une décision :
« La musique, tu adores ça. Et aujourd’hui, enfin, tu peux faire un métier qui te ressemble. On n’a qu’une vie. »
Elle crée Ana Music, s’auto-produit, s’auto-finance. Elle est indépendante à 100 %. Non par idéologie, mais par nécessité et par cohérence, parce que ce qu’elle s’apprête à chanter, c’est elle.
Et ça, elle ne le confiera à personne d’autre.
Être artiste indépendante, Ana ne se raconte pas d’histoires. Elle est encore salariée dans le privé et elle l’assume pleinement. La musique ne permet pas encore de vivre : un stream rapporte entre un et trois millièmes d’euro. « Il faut faire un nombre d’écoutes faramineux pour gagner réellement de l’argent. »
Alors elle jongle, elle organise, elle arbitre. Et bien sûr, elle compose, écrit, interprète, gère les réseaux sociaux, construit son plan de communication. Elle est chef d’orchestre et pianiste à la fois.
Ce qui est stimulant mais parfois épuisant. Parce qu’on ne ferme pas ce livre-là le soir : ce qu’elle partage sur scène ou en ligne, c’est son enfance, ses cicatrices, sa vie.
« Je suis à la fois le produit et la marque », dit-elle avec un sourire dans la voix.
Une phrase qui pourrait sembler froide. Mais qui, de sa bouche, sonne comme une victoire.
Son univers
Fonce, elle l’a écrite pour elle-même. Ou plutôt, pour la petite fille qu’elle a été. « Je parlais à mon enfant intérieur », confie-t-elle. Une chanson d’encouragement, presque un passage de relais, vas-y, prends les devants, tu peux.
Danse, sortie quatre mois plus tard, est une autre étape. On n’est plus dans l’élan, on est dans l’ancrage. « C’est une personnalité qui sait qu’elle n’a plus rien à prouver. Elle n’a plus peur d’être là, plus peur d’être qui elle est. » Ana y prend la métaphore des larmes, ces larmes que la société s’empresse d’étouffer, et qu’elle, au contraire, revendique comme une force. « Si tu as pleuré en silence, sache que tu es déjà une reine. »
Deux chansons qui semblent presque contradictoires. Foncer et danser. Mais Ana y voit une trajectoire naturelle : la colère d’abord, nécessaire, légitime — puis la sérénité. « J’ai transcendé la colère. Quand on est ancré, il est plus difficile d’être déstabilisé par un coup de vent. »
« Si tu as pleuré en silence, sache que tu es déjà une reine. »
Alors, que dirait Ana Madet à une adolescente qui traverserait une période difficile et tomberait sur ces lignes ?
Elle réfléchit, puis répond simplement :
« J’essaye d’être la personne inspirante que j’aurais aimé avoir quand j’étais adolescente. »
Ce qu’elle aurait aimé savoir ?
Que ce que les autres disent de nous ne nous définit pas. Que nous sommes autant de miroirs que d’individus.
Que la thérapie est peut-être le plus beau cadeau qu’on puisse se faire.
Et surtout — surtout — « que je porte ma lumière, comme tout le monde porte la sienne. Et qu’il ne tient qu’à moi de la faire briller. »
Le jardin secret est devenu une scène. La scène est devenue un message. Et le message, aujourd’hui, il inspire.
Son actualité
À paraître – 17 avril
Meuf Normale — nouveau single pop à touche rétro disco. Ana y raconte le chemin entre la petite fille sage qui ne faisait pas de bruit et la femme qu’elle est devenue, capable d’assumer sa différence et de prendre la parole. Une chanson pour toutes celles et ceux qui ne se sentent pas entendus.
À venir – second trimestre 2026
Ana Madet apparaîtra dans un documentaire sur France 2, tourné avec Olivier Delacroix, consacré aux violences. Date de diffusion à confirmer.






