Un homme, des oeuvres :

BAM

Date de publication :

11 février 2026

Maison Rodo : traiteur original et généreux

À la fois dessinateur, illustrateur et artiste au sens large, cet Orléanais fan de Spielberg a le sens du détail et du travail bien fait.

l’homme, corentin lorillard : bam

Beau À Mourir ? Bon À Marier ? Non. Si Corentin Lorillard se fait appeler BAM, cela vient de sa pas- sion pour le skateboard. « Quand j’avais 11 ans, il y avait un skateur qui s’appelait Bam Margera. Il était brun, casse-cou, mes potes ont commencé à m’appeler comme lui, et c’est resté », explique cet artiste de 36 ans né à Saint-Jean-de-Braye, qui ne se passionne pas seulement pour la planche à roulette : « sur mon algorithme Insta, tu vas aussi voir du bricolage, du jardinage et du dessin. »

À l’école de la vie

Justement, Corentin pratique le dessin depuis qu’il est en âge de tenir un feutre. Après avoir passé son bac « de justesse », il entre à l’école supérieure d’art et de design d’Orléans, puis rate son diplôme. Une mésaventure qui, paradoxalement, va lui ouvrir des portes. Car en parallèle de ses études, il se lance avec un ami dans la création d’une exposition interactive pour laquelle il réalise un court-métrage d’animation. Carton plein : « le bouche-à-oreille a commencé comme ça, et c’est toujours le cas 17 ans plus tard. » Aujourd’hui, BAM vit de ses dessins et travaille aussi bien pour des collectivités que pour des compagnies artistiques. Prof de dessin pour les ados les mercredis après -midi, il réalise aussi les jaquettes d’albums de groupes de musique locaux. La musique, tiens, fait aussi partie de ses hobbies, et même si le bonhomme est plutôt guitare, ça ne l’empêche pas d’exposer un piano (désaccordé) dans son atelier. Myope à -12 et craignant que sa vue ne baisse au fil des ans, le dessinateur est conscient qu’un jour, tout pourrait s’arrêter. Pas défaitiste pour autant, ce couteau suisse se rassure en se disant qu’à l’avenir, il pourra toujours remplacer son crayon par une guitare.

ses oeuvres, trait soigné

L’univers nostalgique de Steven Spielberg, l’auteur de BD québécois Guy Delisle ou la cold wave de Joy Division… Les inspirations de Corentin sont aussi variées que ses créations picturales. S’il travaille « beaucoup d’instinct », BAM a toujours en tête trois fondamentaux : le souci du détail, la rigueur et la pertinence. On veut bien le croire, quand on voit qu’une couverture de magazine, comme celles qu’il a réalisées pour les premiers numéros d’Émergence-Mille Façons d’entreprendre, peut lui prendre plusieurs semaines.

couleur café

Pas de protocole particulier pour l’Orléanais, mais une constante dans l’élaboration de ses dessins : « je commence toujours sur papier avec un crayon, en noir et blanc. » Pour l’ajout des couleurs, deux possibilités : à la main ou sur ordinateur. « En numérique, je travaille avec des textures de feuilles que j’ai passées au café puis numérisées en haute-définition, et dont je récupère une partie de la texture que je viens incruster par-dessus mes couleurs », explique-t-il. Résultat ? Des teintes pleines de reliefs et de nuances, et une véritable empreinte artistique. Considérant à la fois son activité comme « un travail » et « une passion », BAM multiplie les projets pour se faire connaître. Depuis deux ans, l’artiste édite ses illustrations pour en faire des affiches, des badges ou des autocollants, qu’il revend ensuite en boutique et sur les marchés. Preuve de la diversité de son savoir-faire, Corentin travaille en ce moment à la conception d’une maison miniature dans laquelle se baladent d’étranges silhouettes. Installée dans son atelier, la maquette aurait facilement pu se trouver dans The Fabelmans, le dernier chef-d’œuvre de Spielberg. Comme c’est étonnant.

corentin lorillard

Dessinateur, illustrateur, réalisateur de films d’animation, musicien,
nunchakuka à Orléans.

Instagram : bam.visual

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