Du bureau à l’asso
Christine Fournot et les DinDor’Days
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Elle est arrivée en 2018 à la tête du Mercure Orléans Portes de Sologne sans connaître personne. Sept ans plus tard, on vient désormais manger « chez Christine ». Une femme qui fait désormais corps avec le territoire, à tel point qu’elle a fondée il y a trois ans les Din’Dor’Days pour promouvoir les métiers de l’hôtellerie-restauration.
« Les chiens d’Orléans, moi, je ne les ai jamais vus »
Des Orléanais, Christine Fournot dit n’en connaître que la face lumineuse. « Les chiens d’Orléans, moi, je ne les ai jamais vus », affirme-t-elle, qui débarqua à Ardon un jour d’hiver, sous la neige, afin de visiter l’hôtel restaurant des Portes de Sologne.
Nicolas Pomiès, président du groupe Ouest Hôtel Group, l’avait sollicitée pour reprendre les rênes de cet établissement qu’il venait de racheter. « Ça a été le coup de coeur, instantané », raconte celle qui dirigeait alors un hôtel-restaurant à Dieppe, et avait, à ce moment-là, grand besoin « de se reconstruire ».
C’était en 2018 : un septennat plus tard, Christine Fournot a assis la réputation de cet établissement où l’on vient désormais déjeuner le midi comme on va manger chez une amie.
QUI DORT DÎNE
Elle sait y faire, Christine, comme on l’appelle par réflexe, pour joindre l’utile à l’agréable, et prêter une oreille attentive à ses clients qui, pour certains, sont définitivement entrés dans le cercle. « Tous les midis, je suis au restaurant, dit-elle. Je suis hyperprésente sur la structure, peutêtre trop, d’ailleurs…. »
Maintenant qu’elle a su ouvrir les portes qu’on lui indiquait, la voilà qui s’affaire à construire, elle-même, des ponts et des passerelles. Il y a trois ans, elle a ainsi décidé avec d’autres partenaires (AFPA, Mission Locale, Métropole…) de fonder l’association Din’Dor’Days, afin de promouvoir les métiers de l’hôtellerie et de la restauration.
« Après le Covid, on s’est dit que si on ne faisait rien, dans quatre ans, ça allait être très compliqué », revientelle. La prochaine édition, qui se tiendra les 17 et 18 octobre prochain sous le chapiteau du cirque Grüss, à Saint-Jean-de-Braye, aura la même raison d’être qu’en 2022 : donner le goût aux jeunes et aux moins jeunes de travailler dans un secteur qui a souffert, et souffre encore, de la crise sanitaire.
« On a voulu bâtir quelque chose de très pratico-pratique afin de dépoussiérer nos métiers, puis on s’est ouvert à d’autres branches qui peinent à recruter, comme les fleuristes, les coiffeurs, etc. »

MERCURE AU CHROME
Grâce à ces deux jours de découverte, quelques « pépites » ont depuis éclos. Une fierté pour Christine Fournot, qui croit à la fois « en la jeunesse » et en la vertu du travail pour s’élever.
Le reflet de son propre parcours, construit à la force du poignet. « Je viens de la France profonde, dit-elle. Je n’ai pas pu passer mon bac, j’ai dû bosser pour me payer mon studio. Mais je dis souvent que même si tu viens d’un milieu défavorisé, pour peu que tu aies de la volonté, tu peux devenir quelqu’un. »
Serveuse, responsable de salle… Ces expériences de « terrain » lui permettent aujourd’hui de s’adresser à ses salariés en sachant de quoi elle parle. « Il y a eu une époque où je faisais 25 chambres par jour. Donc, « mettre les mains dans le cambouis », je sais ce que ça veut dire. Mes employés en bavent, et j’en bave avec eux. »

« Mon bureau est toujours ouvert. Il faut être dans la compréhension et l’empathie »
C’est peut-être pour cela qu’à Ardon, certains sont en poste depuis plus de 30 ans à l’instar de Philippe, le responsable de salle.
« Mon bureau est toujours ouvert. Il faut être dans la compréhension et l’empathie », exprime la directrice dans une tirade qui pourrait faire office de bréviaire de management. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir vu les us et les coutumes évoluer au sein de la profession, comme ce jour où l’une de ses employées est venue la voir en la prévenant, sérieuse : « demain, je serai malade ».
Le monde change, et celui de Christine Fournot tourne autour de l’hôtellerie-restauration depuis un quart de siècle. Une vie à apprendre à recevoir, à peine entrecoupée d’une expérience comme « agent co » dans l’immobilier.
« Je ne connaissais rien en droit, mais j’ai potassé pendant un mois, et j’ai eu le job », se souvient-elle.
Elle est ensuite revenue à ses premières amours, qui sont toujours les siennes aujourd’hui. Après 25 ans de métier, elle sait ce que le sens du détail signifie : avant qu’elle ne s’asseye pour explorer les confluents de sa vie, elle ramasse un papier qui traîne, remet les canapés en place, s’assure que tout va bien. On ne se refait pas.
Du bureau…
Le Mercure Orléans Porte de Sologne, un hôtel-restaurant propriété du groupe Ouest Hôtel Group, exploité donc sous pavillon Mercure (Accor). Établissement 4 étoiles, on vient donc y manger et y dormir, mais aussi organiser des séminaires, mariages, réceptions, etc. Quand elle est arrivée en 2018, Christine Fournot a souhaité ouvrir une terrasse, où les golfeurs de Limère viennent se désaltérer et se sustenter une fois leur partie finie.
…À l’asso
Les Din’Dor’Days, qui organisent depuis trois ans, deux jours d’événement pour faire découvrir, initialement, les métiers de l’hôtellerie et de la restauration.
Une première journée aux jeunes, une seconde aux adultes en reconversion. La forme est originale, puisqu’on y propose par exemple de participer à un concours de lit au carré, ainsi qu’une quinzaine d’autres ateliers.





