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Un homme, des œuvres :   

Jean-François Vandewalle

Date de publication :

20 novembre 2025

Maison Rodo : traiteur original et généreux

La cinquantaine bien tassée, Jean-François Vandewalle a fondu un plomb, puis rallumé la lumière. Le burn-out qui l’a couché lui a fait dire au revoir à sa carrière de cadre dans l’industrie pour devenir artisan d’art. Rencontre.

Il y a beaucoup de vies dans un seul Homme, à moins qu’il n’y ait beaucoup d’Hommes en une seule vie. Celle de Jean-François Vandewalle, alors directeur de site industriel, a changé un matin d’hiver. Ce jour-là, impossible de faire démarrer la voiture. Il restera deux heures hagard, un gouffre dont il ne gardera aucun souvenir. Le diagnostic est posé : burn-out. Le moteur (le sien, pas celui de la bagnole) est cassé.

« Monter des bouts de tuyaux. Ma fibre artistique, je ne l’avais jamais développée. »

cramé

 

Arrêté, Jeff commence à « bricoler ». Récupère des bouts de tuyaux à droite à gauche, voit comment ils peuvent s’emmancher ; il en fait des lampes. Ça lui fait du bien, à Jeff, de retrouve la lumière après avoir connu tant d’heures sombres. Pourtant, au bout de quelques mois, il lui faut reprendre le cours de sa vie « normale ». Alors il (re)passe des entretiens. On l’appelle un soir pour le prévenir qu’il a été choisi pour reprendre la direction d’un site. Il prend un temps de réflexion et refuse l’invitation.
Non, tout ça, c’est terminé. Ce qu’il veut maintenant, c’est faire des lampes. « Aujourd’hui, je fais ce que je veux, personne ne m’oblige », résume-t-il. Lors d’un atelier de développement personnel il se revoit, tout gamin, « Monter des bouts de tuyaux. Ma fibre artistique, je ne l’avais jamais développée. »

Il faut croire que le malheur arrive toujours escorté d’un peu de bonheur. « En y repensant, c’était bien que je disjoncte, dit Jeff. Je suis trop bien comme je suis aujourd’hui. Après, j’ai pu me lancer parce que j’avais 60 ans et que j’avais bien gagné ma vie avant.» Adieu réunions et «plantages de lignes de prod », « ces trucs qui (l’)ont pourtant fait vibrer pendant trois décennies ». Bonjour la liberté, les rencontres, les premières commandes. Bonjour l’artiste ? « Tu plaisantes ? L’art, c’est trois étages au-dessus de moi. » Artisan d’art, alors ? « Ça ok, ça me va. En plus, c’est classifié, il y a même une ligne qui correspond à ce que je fais : fabricant de lumières ».

Jeff Créations est née officiellement en août de l’an dernier. L’atelier se situe à Saint-Jean-le-Blanc, dans la métropole orléanaise, à deux pas de la levée de la Loire. Dans sa maison, une pièce fait office de showroom. L’automne dernier, à l’occasion des Portes Ouvertes des ateliers d’artistes et ateliers d’art du Loiret, le public a pu découvrir ses luminaires et, plus généralement, pleins d’objets de décoration conçus à partir d’éléments de tuyauterie industrielle. Parfois, des bons vieux manomètres sont intégrés à ses œuvres. Ces formes rondes, couplés à ces tuyaux effilés, donnent un aspect très humain au rendu. Jeff a gardé des contacts dans le milieu de l’industrie : des copains lui filent quelques tuyaux, c’est le cas de le dire, pour qu’il vienne faire son marché et recycler des éléments qui, sans lui, termineraient à la benne. Rien ne se perd, tout se transforme : un peu de chine, de brocantes et de dépôts-ventes finissent de lui fournir la matière brute dont il a besoin. Récemment, un type rencontré sur un salon lui a refilé un plan pour récupérer des blocs de verre utilisés sur les poteaux électriques. « Je pourrai en faire des abat-jours », prévoit-il.
Rien ne se perd, tout se transforme.

rallumer

 

Et à qui ça plaît, tout ça ? « Bah ça, j’en sais rien, répond l’intéressé. C’est assez varié. En fait, à des gens qui ont envie de mettre un peu d’insolite chez eux, qui veulent sortir du tout IKEA. Un jour, un client m’a raconté qu’un de ses copains lui avait dit, en voyant chez lui un de mes objets : «Wahou, mais où est-ce que t’as trouvé ça ? » C’est sûr que les œuvres de Jeff font leur petit effet. A priori, celles et ceux qui ont navigué dans le milieu industriel sont plutôt sensibles à l’art de Jeff. Quand on lui a rendu visite, cet hiver, il s’apprêtait à monter quelques étagères reliées entre elles par ses bons tuyaux. Il fait pour lui, il fait aussi pour les autres. Il fait, il créé, il récrée et parfois il défait. Jusqu’à ce que la lumière soit.

Par Benjamin Vasset

jeff creations


ADRESSE                                                     
10 rue de la Cerisaille
45650 St Jean le Blanc

TEL.  : 06 77 03 29 04
 
INSTAGRAM
@jeffcreations45

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